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Parc

Square Louise-Michel

Sur le versant sud de Montmartre, le square Louise-Michel transforme la montée vers le Sacré-Cœur en un paysage composé d’escaliers, d’allées et de plantations.

Sélectionné par Arthur

Une allée courbe et une pelouse en pente sous les arbres du square Louise-Michel, photographiées en juin 2015.

Un jardin au pied de la basilique

On visite le square Louise-Michel pour comprendre que la célèbre montée vers le Sacré-Cœur est elle-même un paysage dessiné. Les grands escaliers, les volées diagonales et les pentes plantées ne relient pas seulement deux niveaux de Montmartre : ils encadrent la basilique et font du relief une composante de la perspective monumentale.

Le jardin raconte aussi une histoire plus discrète. Aménagé au-dessus d’anciennes carrières de gypse, il a demandé plus de cinquante ans de travaux et portait un autre nom avant de devenir le square Louise-Michel en 2004. Derrière la perspective familière se mêlent ainsi géologie, urbanisme et mémoire politique.

Le paysage de la montée

On pourrait croire que le square Louise-Michel n’est que le premier plan du Sacré-Cœur. La basilique attire tellement le regard que le jardin semble parfois se réduire au chemin qui y conduit. Arrêtez-vous pourtant au bas de la pente : les lignes se mettent en place et l’on découvre un paysage doté de sa propre histoire, pensé pour faire de l’ascension une expérience à part entière.

Un jardin construit sur d’anciennes carrières

Le sous-sol explique la lente naissance du square. Cette partie de Montmartre abritait autrefois des carrières où l’on extrayait le gypse nécessaire à la fabrication du plâtre, très employé dans la construction et le décor des immeubles parisiens. Le projet est imaginé dès 1880, mais la fragilité des terrains impose des consolidations répétées.

Les changements d’architectes et la construction du Sacré-Cœur allongent encore le chantier, qui finit par s’étendre sur plus d’un demi-siècle. Le square ouvre en 1927 sous le nom de square Willette, mais la Ville de Paris situe son achèvement définitif en 1932. La pente qui paraît aujourd’hui si naturellement ordonnée a donc été composée lentement, au-dessus d’un sous-sol difficile.

Une montée dessinée comme un paysage

Dans les années 1920, Jean-Camille Formigé et Léopold Bévière aménagent le versant sud de la Butte pour la Ville de Paris. Leur geste le plus visible est cette perspective monumentale : deux grands escaliers droits, flanqués de volées diagonales qui dessinent des zigzags et conduisent jusqu’à la basilique.

L’échelle est plus vaste qu’elle n’en a l’air. Le référentiel municipal attribue au square une superficie totale de 25 539 mètres carrés, dont 12 500 mètres carrés de surface horticole. La partie centrale s’organise autour des escaliers majestueux, tandis que le secteur oriental, plus pentu, est parcouru d’allées au milieu d’une végétation dense et d’enrochements.

Prenez le temps de comparer ces deux ambiances. Depuis le bas, observez comment les escaliers dirigent le regard vers le Sacré-Cœur, puis observez comment la géométrie s’assouplit sur les côtés. En quelques pas, le jardin passe de l’axe cérémoniel au versant planté sans cesser d’appartenir à la même composition.

Du square Willette au nom de Louise Michel

Le changement de nom intervient en 2004. Louise Michel, née en 1830 et morte en 1905, fut institutrice, écrivaine et figure majeure de la Commune de Paris ; son engagement politique lui valut plusieurs années d’exil en Nouvelle-Calédonie. Donner son nom au jardin a ajouté une nouvelle mémoire à un paysage longtemps regardé surtout à travers la basilique qui le domine.

Les parties construites du square, ses aménagements paysagers et les grilles qui le délimitent sont classés au titre des monuments historiques par l’arrêté du 13 décembre 2022. Cette protection est commune au Sacré-Cœur, à ses annexes et au square : il s’agit d’un même classement pour l’ensemble, et non de deux décisions séparées.

C’est lorsque ces deux lectures restent visibles que le square Louise-Michel devient vraiment intéressant. Il met en scène l’une des perspectives les plus célèbres de Paris, mais ses carrières, son long chantier et son nom tardif l’empêchent de n’être qu’un décor. Avant de monter, regardez le jardin pour lui-même : la promenade raconte déjà Montmartre.

Conseils pratiques

Commencez au bas du square, côté place Saint-Pierre, et regardez l’ensemble de la perspective avant de choisir votre chemin. Considérez l’escalier et le jardin comme deux lectures différentes du lieu : la montée directe révèle sa géométrie monumentale, tandis que les allées latérales montrent comment la végétation accompagne la pente.

Ne vous fiez pas à des horaires figés et ne supposez pas que chaque secteur est toujours ouvert. Les conditions d’accès municipales peuvent évoluer ; consultez donc la fiche officielle de la Ville de Paris peu avant votre venue si un itinéraire précis est important pour vous. Sur ce terrain étendu et pentu, mieux vaut prévoir des chaussures confortables et avancer à un rythme tranquille.

Accessibilité

La Ville de Paris indique que le square est accessible aux personnes à mobilité réduite.

L’itinéraire monumental central vers le Sacré-Cœur est toutefois formé d’escaliers et les conditions varient selon les secteurs ; cette mention ne signifie donc pas que l’ensemble du jardin est dépourvu de marches.

Crédits photo

Benoît Prieur· CC0 1.0· Wikimedia Commons · Image redimensionnée ; cadrage variable selon l’affichage.