Place
Place Pigalle
Au pied de Montmartre, la place Pigalle garde la mémoire d’une ancienne barrière de Paris, d’un sculpteur du XVIIIe siècle et du café qui sert de décor à « L’Absinthe » de Degas.
Sélectionné par Arthur

Au seuil de Montmartre
La place Pigalle n’est pas sur la Butte : elle en est le seuil. Cette place ronde appartient au 9e arrondissement, sur le côté sud du boulevard de Clichy, mais son ancien nom, place de la Barrière Montmartre, rappelle une barrière de l’ancien mur d’octroi qui portait le nom de Montmartre.
En quelques pas, la place réunit plusieurs strates de Paris : le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle, qui avait son atelier dans la rue voisine ; La Nouvelle Athènes, le café des artistes modernes identifié comme le décor de « Dans un café » de Degas ; et une entrée de métro dessinée par Hector Guimard, inscrite au titre des monuments historiques. Les connaître transforme un simple carrefour en page d’histoire.
D’une barrière de Paris au café de Degas
On traverse souvent la place Pigalle en pensant déjà à la montée vers Montmartre. Cette place ronde, au bord du boulevard de Clichy, est pourtant une petite leçon d’histoire à elle seule : une ouverture décidée en 1789, un nom emprunté à un sculpteur, un café où se retrouvaient les artistes modernes et une entrée de métro aujourd’hui protégée au titre des monuments historiques.
D’une barrière de Paris à la place Pigalle
La place est ouverte par une ordonnance du Bureau des Finances du 16 janvier 1789. Elle s’appelle alors place de la Barrière Montmartre, du nom d’une barrière de l’ancien mur d’octroi, la limite où Paris percevait des taxes sur les marchandises qui entraient dans la ville. Le boulevard de Clichy suit encore le tracé de ce mur : côté Paris, son tronçon entre les places Pigalle et Blanche s’appelait autrefois le chemin de ronde de Montmartre.
L’arrêté du 30 décembre 1864 lui donne son nom actuel. Il vient de la rue voisine, qui honore Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), sculpteur né et mort à Paris, qui y avait son atelier. La place est ronde, avec un rayon officiel de 37,50 mètres, et elle est ornée de la fontaine Pigalle.
Le café de « L’Absinthe »
C’est sur cette place que se trouvait La Nouvelle Athènes, un café qui appartient à l’histoire de l’art. Le musée d’Orsay l’identifie comme le décor du tableau d’Edgar Degas « Dans un café », dit aussi « L’Absinthe », peint entre 1875 et 1876, et le décrit comme un lieu de réunion des artistes modernes, un foyer intellectuel de la bohème.
La scène semble saisie sur le vif par un voisin de table, mais le musée souligne que cette impression est construite : le tableau a été peint en atelier, et non sur place. Ses modèles sont la comédienne Ellen Andrée et le peintre-graveur Marcellin Desboutin. Pour voir l’œuvre, il faut aller au musée d’Orsay ; sur la place, c’est le souvenir de ce café qui donne au lieu sa profondeur.
Une entrée de métro signée Guimard
Le métro ajoute une dernière strate. L’entrée de la station Pigalle, sur le boulevard de Clichy face au n° 15, a été dessinée en 1900 par Hector Guimard pour la Compagnie générale du Métropolitain de Paris ; la station se trouve sur une section de la ligne 2 inaugurée en 1902.
Son entourage est inscrit au titre des monuments historiques par un arrêté du 12 février 2016, qui protège l’ensemble des réalisations subsistantes de Guimard pour le métro. Prenez le temps de regarder ses courbes et son lettrage avant de descendre.
La place Pigalle ne demande pas une longue visite. Quelques minutes suffisent pour repérer la fontaine, imaginer l’ancienne barrière et reprendre le boulevard de Clichy : un peu plus loin, au n° 82, près de la place Blanche, les ailes rouges du Moulin Rouge prennent le relais de l’histoire du boulevard.
Conseils pratiques
La place Pigalle est un espace public sans entrée ni parcours imposé : elle s’intègre facilement à une promenade vers Montmartre. Commencez par la fontaine, puis repérez l’entrée Guimard de la station Pigalle, sur le boulevard de Clichy, face au n° 15.
La rue Duperré, qui débouche sur la place, mène au terrain de basket Duperré, au n° 22 : niché entre deux immeubles, il est présenté par la Ville de Paris comme une œuvre de street art. C’est un terrain de sport en activité : regardez-le sans gêner les joueurs. Le Moulin Rouge se trouve plus loin sur le même boulevard, au n° 82.
Crédits photo
Paul de Belleville· CC0 1.0· Wikimedia Commons · Image redimensionnée ; cadrage variable selon l’affichage.